Les Français piratent le cinéma

Avez-vous lu l’article du Figaro ? http://www.lefigaro.fr/medias/2008/08/06/04002-20080806ARTFIG00014-autant-de-films-pirates-que-d-entrees-payees-.php intitulé : Les Français piratent le cinéma.

On apprend que les français sont les champions du monde à quelques jours des JO du téléchargement illégal de films de cinéma.

Ce phénomène n’est pas nouveau. Il est très populaire. Après le format de musique compressé mp3 et l’expansion de l’internet haut débit, il était naturel de voir apparaître le téléchargement illégal de film mpeg4 couramment appelé DIVX. Il y a dix encore, on commercialisait des magnétoscopes qui doublaient les cassettes vidéo. Je connais même des gendarmes, des greffiers, qui téléchargent avec plaisir. Je me suis souvent interrogé sur les motivations. Souvent, je leur posais la question ! La première réponse est la rentabilité de l’abonnement internet. En téléchargeant 2 films, on se rembourse de deux DVD qui ne sont pas encore sortie dans le commerce. Au-delà du risque, la banalisation à l’ensemble de la population, la simplicité d’action, engage tout à chacun de se dire : si on m’arrête moi, alors on arrête le peuple tout entier, déjà que les prisons sont pleines… Une place de cinéma, c’est cher. Une sortie ne se limite pas à la seule place. Il faut ajouter le déplacement, le parking, parfois une glace ou un paquet de bonbon. Et puis, on multiplie tout ça par le nombre de participant et il devient un luxe de se rendre dans les salles noires. Autre motif, le film en lui-même. Un doute important dans les bandes annonces qui ne reflètent pas le film. Une déception supplémentaire face au budget. Alors, quand on va au cinéma, c’est sur recommandation, habitude de son metteur en scène ou de son acteur, ou chez soi. On s’abonne à un bouquet numérique, mais c’est un abonnement supplémentaire. Il faut être devant sa télé à une heure précise pour ne pas rater son film, mais les mômes ne sont pas encore couchés… Et ce ne sont pas les petits messages avant les films dont le message : copier c’est voler, qui va enrayer quoi que ce soit. Misère du pouvoir d’achat quand tu nous tiens.

Le cinéma représente un poids important de chiffre d’affaires, une TVA non négligeable. Internet bouscule les habitudes de consommations. Les gouvernements et les industries sont de vrais paquebots, lents, délicats, aux intérêts mercantiles profonds.

L’état a réagit en créant une taxe sur les médias vierges allant jusqu’à l’aberration suivante : De 1981 à 1999, les consommateurs ont payés sans doute sans le savoir, une taxe pour copie privée sur tous les supports d’enregistrements vierges. Ainsi, un consommateur qui utilisait un caméscope 8mm ou VHS-C par exemple, payait une taxe pour copie privée avec un contenu d’ordre privée, puisque filmé par lui-même. En 2000, une taxe importante à été crée sur les médias vierges numériques CD et DVD. Elle commença à 1,59 € H.T. pour un DVD d’une capacité de 4,7 Gb (durée 1220 minutes d’enregistrement). La première année, cette taxe rapporta plus à la SACEM que ce que payaient les chaînes de télévision ; c’est-à-dire plus de 200 millions d’euros. Très vite, des sites internet localisés au Luxembourg ou en Belgique, où les taxes n’existent pas ou sont très faibles. Sur 10 DVD vierges, hors marge du distributeur, du fabricant et du produit in fine, nous avons 1€ par DVD par 10 = 10€ + 19.6% de TVA soit : 11.96 €. Un pack de 10 DVD est couramment vendu 19.90 € en promotion. Ce qui « gonfle considérablement le prix public ; par extrapolation, sur un pack de 100 DVD (invendable en France), on a 100€ de taxe + 19.6% de TVA soit 120 € de taxe. On trouve sur le site mmd.lu par exemple, un spindle de 100 DVD à 29.90 € frais de port inclus.

Les purs consommateurs ont depuis longtemps abandonné les CD ou DVD pour directement enregistrer les données sur disque dur.

Le magazine SVM qui défend le principe à raison sur le fond. Le cadre législatif doit absolument évoluer. Pour autant, les sources sont devenus multiples. Alors que l’on se rendait au cinéma pour regarder un film, on le faire de son Ipod, de son téléphone, de son ordinateur. Nous disposons de tellement de possibilités que le transfert de contenu numérique sur une clé USB ou par Wifi (par onde) rend impossible de quantifier précisément la réalité du téléchargement illégal.

Mais alors, pourquoi payer une taxe pour copie privée d’un côté et ne pas pouvoir télécharger ce que l’on veut de l’autre ? Et bien voilà tout le dilemme entre industriel et consommateur.

Une note bien de chez nous pour finir. C’est un français de Montpellier qui à crée le format de compression d’image appelé DIVX. Il n’a pas trouvé d’oreille attentive à sa technologie et s’est expatrié aux états unies d’Amérique où il a pu développer son idée. Le format DIVX est un format aussi populaire que le MP3.

Justice pour tous.

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